Le sujet de la microfinance est vecteur de nombreuses inquiétudes, idées reçues et controverses. Ces polémiques sur le microcrédit véhiculent l'image d'une branche de la finance finalement peu solidaire, qui contribuerait à l'appauvrissement des populations bénéficiaires, victimes d’une spirale infernale de surendettement. Babyloan fait le point avec vous.

Qui dit crédit peut aussi dire surendettement

Le surendettement est un phénomène endémique au crédit, sous toutes ses formes. Il peut être généré par des aléas économiques, sociaux ou environnementaux. Des problèmes de surendettement apparaissent dans certaines zones où la population n’a qu’une faible culture financière et où la concurrence entre les organismes de microfinance est sévère.

Dans plusieurs pays, le secteur du microcrédit a connu des crises de surendettement. Ces crises sont bien souvent nées de la course aux clients que se livrent certaines IMF pour augmenter leur rentabilité et attirer les bailleurs de fonds.

Mais les acteurs de la microfinance sont aujourd’hui davantage conscients de ces risques et s’impliquent activement dans la lutte contre le surendettement. La mise en place de centrales des risques dans certains pays permet ainsi aux IMF de partager leur liste de clients et d’évaluer leur réel niveau d’endettement.

Chez Babyloan, la mise en place de procédures très strictes de prévention du surendettement des clients fait partie des principaux critères de sélection de nos partenaires terrain. Nous avons ainsi à cœur de sélectionner des partenaires à forte vocation sociale qui ne pratiquent pas la « course aux clients » et évaluent avec soin la véritable capacité d’endettement et donc de remboursements de leurs clients.

 

Des taux d’intérêt abusifs ?

La polémique sur le microcrédit au sujet des taux d’intérêts payés par le micro-entrepreneur dans le cadre du remboursement de son microcrédit refait ouvent surface. Pourtant ces taux peuvent s'expliquer.

Fournir des services financiers à des personnes isolées et exclues du système bancaire traditionnel coûte cher. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles les banques classiques n’octroient pas de petits prêts, comme l’explique le CGAP : « Un prêt de 100 €, par exemple, exige pour son traitement le même personnel et les mêmes ressources qu’un prêt de 10.000€, ce qui augmente considérablement le coût par unité de transaction ».

Le microcrédit implique en effet des charges opérationnelles importantes sur le terrain (accompagnement social, gestion du risque, déplacement des agents pour rendre visite au client, déboursement en argent liquide etc.), car hormis l’octroi du crédit, l’accompagnement et le suivi du micro-entrepreneur est au cœur de la relation entre l'IMF et les micro-entrepreneurs. Cette réalité opérationnelle engendre des taux d’intérêts importants pour assurer ces services. Le taux d’intérêt moyen de 27% facturé par les IMF dans le monde reflète l'ensemble de ces coûts.

En offrant une source de financement à bas coût, Babyloan a pour objectif, à terme, de provoquer une baisse des taux d’intérêts facturés aux micro-entrepreneurs. Pour exemple, Babyloan a permis à son partenaire cambodgien Chamroeun d’abaisser ses taux d’intérêt.

 

La microfinance, un secteur spéculatif ?

Autre polémique sur le microcrédit et plus largement sur le secteur de la microfinance : la spéculation financière.

Comme tout secteur financier, des dérives peuvent arriver. Certaines institutions de microfinance ont ainsi délaissé les bénéficiaires les plus pauvres au profit de clients plus rentables, tandis que d’autres ont dérivé de leur mission sociale pour se transformer en banques ou entrer en bourse.

Pour autant, il convient de rappeler que sur environ 10 000 institutions de microfinance recensées dans le monde, plus de 90% n’atteignent toujours pas l’équilibre financier à ce jour. Si certaines IMF ont pu dériver de leur mission, la plupart sont ainsi de petites ou très petites structures qui travaillent toujours à atteindre leur autonomie financière. Beaucoup d’acteurs de la microfinance, alertés par les dérives de certaines IMF, multiplient par ailleurs ces dernières années les initiatives pour encourager une microfinance sociale.

Aucun des partenaires locaux de Babyloan ne tire de profit abusif de ses activités de microcrédit. Toutes nos institutions de microfinance ont pour motivation l’accompagnement des populations pauvres pour les aider à une sortie progressive de la pauvreté.

Toutes ces polémiques sur le microcrédit qui se forment autour de la microfinance nous obligent à être attentifs aux dérives possibles, cependant elles ne remettent pas en doute l’impact positif du microcrédit auprès des populations qui en bénéficient.